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Ce détail expliquerait peut-être en partie la raison pour laquelle nous avons ces deux versions manuscrites de Dede Korkut: l’une en prose, l’autre en chantefable, en prose alternée de chants versifiés. En effect, l’un des <copistes> semble avoir choisi cette attention aux assonances, rythmes et césures traditionnels qui font émerger la structure versifée du récit; l’autre, pas. Je prendrai l’exemple de deux épopées très anciennes comme le cycle de Manas des Kirghiz et le Meme Alan des Kurdes: les deux sont entièrement versifiées et exécutées accompagnées d’une partition musicale. L’équivalent des dengbej kurdes s’appelle manasçı chez les Kirghiz. J’ai assisté à  la performance d’un manasçı. Il fasait du théatre, de maniere très expressive, et se servait de sa voix d’une façon extraordinaire; elle se transformait parfois en chant, montait, descendait. Même si les conteurs de Çukurova théâtralisent et sont de bons acteurs aussi, ils ne le sont pas à ce point. Quant aux épopées kurdes que j’ai pu voir en situation, elles étaient généralement accompagnées d’une flûte, et on y retrouve ce jeu très savant de la voix du conteur. Il en est de même de Köroğlu

(Yachar Kemal, extrait de la préface du <Livre de Dede Korkut>)

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